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Le système de retraite français : Comment fonctionne-t-il et qu’est-ce que Macron veut changer ?

Les syndicats français se sont engagés dans une vague de grèves contre la réforme des retraites promise par le président Emmanuel Macron, un élément central de sa volonté de réformer de vastes pans de l’économie.
Les gouvernements précédents avaient déjà augmenté le nombre d’années de travail nécessaires pour bénéficier d’une pension complète, mais la réforme de Macron allait remplacer des dizaines de systèmes distincts par un régime unique et entièrement nouveau.

Selon Macron, le système actuel est trop compliqué et décourage la mobilité de la main-d’œuvre, et pourrait se retrouver avec un déficit de 17 milliards d’euros (19 milliards de dollars) d’ici 2025 si rien n’est fait.

Le gouvernement doit dévoiler les détails du plan la semaine prochaine, mais voici quelques uns des principaux éléments qui ont été présentés aux dirigeants syndicaux lors des négociations de ces dernières semaines.

Comment cela fonctionne-t-il maintenant ?

Le système actuel de la France est l’un des plus généreux au monde, les employés du secteur privé ayant droit à une pension basée sur leurs 25 meilleures années de salaire – dans le secteur public, les pensions sont basées sur leurs six derniers mois de salaire.

En moyenne, les pensions représentent 75 % des revenus des travailleurs avant leur retraite, contre une moyenne de 58 % dans les pays de l’OCDE. Il s’agit d’un système à cotisations définies, ce qui signifie que les retraités reçoivent un montant garanti basé sur leurs revenus tout au long de leur carrière.

Les personnes nées en 1973 ou après doivent travailler au total 172 trimestres, soit 43 ans, pour bénéficier d’une pension complète.

L’âge officiel de la retraite est de 62 ans, mais les personnes qui quittent leur emploi sans avoir travaillé suffisamment de trimestres verront leur pension réduite.

En plus du système principal, il existe un régime complémentaire obligatoire qui utilise un système à points, dans lequel les points sont accumulés en fonction du salaire et convertis en versements de pension au moment de la retraite.

Toutefois, il existe également 42 “régimes spéciaux” pour toute une série de travailleurs, notamment les fonctionnaires, les dockers, les avocats et les employés de la SNCF et de la RATP.

Ils prévoient une retraite anticipée et des pensions plus avantageuses, initialement proposées en compensation d’un travail pénible.

Ainsi, le Français moyen prend sa retraite à 60 ans, soit trois ans plus tôt qu’ailleurs en Europe et quatre ans avant la moyenne des pays riches de l’OCDE.

Les dépenses publiques consacrées aux retraites représentent 14 % du PIB – seules la Grèce et l’Italie dépensent une proportion plus importante en Europe.

Qu’est-ce qui changerait ?

Au cours de sa campagne présidentielle de 2017, M. Macron a promis de mettre en place un système “universel” qui supprimerait les régimes spéciaux.

Un système de points serait appliqué à tous, ce qui, selon M. Macron, garantirait que “pour chaque euro cotisé, tout le monde bénéficie des mêmes droits à la retraite”.

“Nous ne toucherons ni à l’âge de la retraite, ni au montant des pensions”, a-t-il déclaré dans son manifeste de campagne.

Pourtant, le système unique permettrait des ajustements à terme qui permettraient au gouvernement de réduire les déficits à mesure que la population vieillit et que les gens vivent plus longtemps après avoir pris leur retraite.

Le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre le système progressivement, afin de ne pas affecter les travailleurs âgés.

Il négocie avec les syndicats depuis le mois d’août, mais seule la CFDT, le syndicat modéré le plus important du secteur privé, soutient l’idée d’un système unique – tant que l’âge officiel de la retraite de 62 ans n’est pas touché.

La CGT et Force Ouvrière, plus dominantes parmi les employés du secteur public, ont dénoncé un plan qui, selon elles, obligera des millions de personnes à travailler plus longtemps sous peine de voir leurs prestations réduites.